Esclavage

Aujourd’hui, j’aimerais faire le bilan de lecture d’un article que j’ai trouvé dans Mythes et réalité sur le Québec : L’esclavage au Québec. Voici les informations que j’ai retenues :

Dans le traité de capitulation de la Ville de Montréal, en 1760, le gouverneur Vaudreuil-Cavagnial propose au général Amherst dans son article 47 que « les nègres et panis des deux sexes [restent] en leur qualité d’esclaves, en la possession des Français et des Canadiens, à qui ils appartiennent». Il propose également qu’il soit possible de les vendre. Ce à quoi Amherst accepte, excepté pour les prisonniers, considérés comme butins de guerre.

Le deux tiers des esclaves étaient autochtones. Il ne s’agissait pas d’Autochtones alliés des Français, comme les Montagnais, Algonquins, Hurons Abénaquis ou les Iroquois (à partir de 1701). Ce sont plutôt des nations dont les liens se résument plus fortement au commerce de la fourrure, qui sont prêts à vendre leurs enfants en bas âge. L’autre tiers étaient noirs, des hommes et femmes aussi, qui étaient envoyés en Amérique à fort coût. Mais ils valaient leur pesant d’or, puisqu’ils étaient réputés pour travailler plus fort.

Dans toute la chaîne d’approvisionnement des fourrures, ce sont les Autochtones qui s’occupaient du plus gros du travail, en échange d’argent ou de bien. Mais comme le réseau de production était simple et bien implanté, l’esclavage était plutôt utile à des fins personnelles. Certaines personnes de la haute société en avaient parfois seulement pour faire bonne figure.

L’église, même les plus hautes castes, possédait leurs esclaves. Notons parmi ceux-ci St-Vallier, Dosquet et Pontbriand.

Le grand-père de l’arrière-grand-père de Maurice Duplessis était esclave du traiteur Louis Gasstineau. C’était un Autochtone mascoutin: Jean-Batiste dit Duplessis.

 

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Tentative d’écrire un conte à partir de ces faits.

Mise en garde: j’ai plutôt l’impression que ce genre d’information est intéressant pour le contexte d’un conte qu’il est plus facile de partir d’un personnage historique connu pour rédiger mon histoire.

Au fond, pour mon histoire, il est bien de trouver ou d’identifier dans la vie des personnages historiques, les articulations, les péripéties, les blocs, comme le dit André Lemelin.

Quand j’y pense le moindrement pour commencer à rédiger mon histoire, je cherche un personnage, d’abord. «Une fois, c’t’un gars.»

 

Court conte

Pistes :

-Les Autoctones qui rencontrent un Noir pour la première fois?

-Conversation de haie de cèdres : esclaves

-Esclave faite pour prisonnière qui veut retrouver son maître.

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Josephine, une Sioux d’origine, avait été faite prisonnière par l’Angleterre, lors de la conquête de Montréal. Il était au service de Louis Caron, riche fermier de Pointe-aux-Trembles. Amheust décréta que tout esclave qui a été fait prisonnier durant les affrontements deviendrait la propriété des Anglais.

 

Mais l’affaire, c’est que Joséphine, elle ne connaît que Louis, dans la vie. Même… Elle était enceinte de lui. Le père de Louis a acheté Joséphine lors de ses expéditions pour la Hudson Bay Compagny. Il était un riche homme d’affaires, et pour le prestige, il te fallait ton esclave. On lui a proposé Joséphine, alors âgée de 4 ans, il l’a acheté, et ils’en servaient sur sa demeure surtout pour aider la pauvre Marie, esclave vieillissante.

Au fil des ans, il s’est créé une affinité entre Joséphine et le petit Louis, qui avaient le même âge. Louis, maintenant propriétaire de la terre de son père décédé, vivait avec Joséphine une vie amoureuse, qui était bien mal vue pour l’époque.

Comment Joséphine allait-elle obtenir la libération de son nouveau maître anglais afin de retrouver son amant, son amour, Louis?

Elle eut pour maître l’évêque protestant Paul Harrison, qui l’occupait à entretenir les jardins du domaine McGill. Elle opérait à rebrousse-poil. Elle était battue, dénigrée par ses collègues esclaves. Puis, soudain, Louis arrive, un bon soir d’été, par hasard. Il décide de l’acheter à fort prix : acheter d’un Anglais, ça prenait du courage.

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Bon…c’est un récit qui se veut de l’ordre du résumé.

Il manque d’actions, de conflits intérieurs, de piquant.

C’est totalement fictif. Et par ailleurs, anecdotique.

Je pense que j’ai plus de plaisir à donner vie aux personnages qui ont réellement existé, que d’en créer de toute pièce.

 

Idée :donner deux versions d’une même histoire, des motivations différentes aux mêmes actions : ça prendrait un personnage aux multiples couches,allégeance, facettes, pour ça…

 

Sur la piste

Je suis en phase de recherche. Ce qu’il faudra trouver, déceler, ce sont des personnages et situations exposant des oppositions étonnantes!

Explorons!

J’ai une thématique qui m’interpelle : l’eau. Ça peut être une thématique secrète (comme un fil conducteur secret) comme une thématique exposée. C’est une piste.

C’est un départ!

Le conte, c’est le racontage d’histoire. Pis j’aime ça.
Ce que j’aime aussi, c’est l’histoire.
Pis j’aime croire à l’invraisemblance.
Pis j’aime qu’on me montre un autre côté des choses.
J’aime aussi les énigmes. Le flou, aussi, la poésie.
J’aime qu’on me touche. Je suis prêt à oublier mon quotidien pour me faire toucher.

Je pense que j’aimerais faire, dans la vie, ce que j’aime.
Pis ces amours que je viens de révéler, je pense que je pourrai en faire un spectacle.

Un spectacle de contes.

Aujourd’hui, je pars.
Je suis dans l’autobus en direction de Québec. De là, je longerai le fleuve, par le nord, jusqu’au bout, en bicyclette. Pis de là, je prendrai un bateau, pour me planter en plein milieu du golf du St-Laurent.

Je pense qu’il y a rien d’extraordinaire, que des gens par milliers font des choses plus impressionnantes dans leur quotidien. Et ça, c’est le genre de récit qui me plait. Que je veux côtoyer. J’espère avoir la chance de croiser certains de ces personnages plus grands que nature. J’aimerais raconter leur histoire.

Chapitre 1 : Je pirate mes sens à la recherche des grands.