Ma démarche artistique

J’ai eu a formuler ma démarche artistique dans le cadre d’une demande de financement pour du coaching au RCQ. Je suis assez fier de ma réflexion. J’aimerais bien vous la partager! Voici…

 

Parmi mes interrogations présentes, en voici une qui m’occupe particulièrement. Depuis un certain temps, je découvre le plaisir de plonger dans l’histoire de l’Amérique. Et je me demande pourquoi je tends facilement l’oreille lorsqu’il est question de fiction, mais quand il est question d’histoire, je suis moins attiré. Pourtant, elle n’est pas moins riche en rebondissements et en surprises. Est-ce une question de préjugés? De désintérêt envers la réalité? Pourquoi ai-je de la difficulté à m’identifier à mon histoire?

Et puis, j’ai cherché à valider mon hypothèse qu’un récit à saveur historique peut intéresser les gens. Le 13 novembre 2016, au cabaret OMAD (Théâtre le Mimésis, au théâtre La Licorne), j’ai présenté Sagana, le récit d’un des kidnappings par Jacques Cartier. J’ai remporté le prix du public.

Au terme de cette phase de recherche et d’exploration, j’ai découvert que j’avais envie de parler de l’humain qui se trouve dans l’histoire; ceux qui ont réellement, dans leur quotidien, influencé la grande construction des civilisations. J’avais envie de parler des femmes, des Autochtones. J’avais envie de désacraliser les personnages de l’histoire et les rendre aussi accessibles qu’un de nos voisins. J’avais envie de souligner que l’histoire ne peut pas être objective parce qu’elle est écrite par l’humain et que l’humain est affectif. Or, il existe seulement des versions d’histoire… et chaque citoyen en fait son unique version, son unique synthèse. Tiens tiens… le modèle du conte colle très bien à cette malléabilité des versions. L’idée m’est donc venue de créer un spectacle de contes.

Et comme il est naturel et nécessaire pour moi de m’adresser au jeune public (à cause de sa franchise, entre autres), j’ai choisi les adolescents comme public cible. J’ai l’impression d’être à ma place lorsque je fréquente le jeune public, comme artiste et humain. Je peux échanger avec ce public sans craindre les préjugés dont nous, adultes, sommes tous magnifiquement dotés, même inconsciemment (parce que nous avons une expérience connotée de la vie). Je peux ainsi interagir franchement de citoyen à citoyen. Car, à mes yeux, l’art reste d’abord un outil démocratique, avant un divertissement, avant un acte d’expression; tant mieux si, au passage, il englobe tout ça. Et je ne crois pas que les enfants constituent des citoyens “en devenir”, comme on entend souvent. Ils représentent le citoyen par excellence : le citoyen ouvert d’esprit, qui réfléchit par lui-même et qui questionne. C’est donc avec eux que j’ai envie d’entamer une discussion.

Voilà où j’en suis dans mon cheminement récent dans l’univers du conte.

 

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