Le conte : Pourquoi est-ce un autre incontournable?

Pourquoi est-ce nécessaire que j’utilise le conte sur scène pour mon projet?

Le conte c’est quoi… Certains diront  : si on ne fait pas image, en conte, on ne fait pas notre job. Ça, c’est pas mal, cette idée. Faire image, pour moi, c’est autant sur le plus précis (dans une phrase, ou bête et simple comme faire une figure de style) que sur le plus grand (le sens à donner à un segment). Je trouve que l’image, l’évocation, est très efficace pour raconter une histoire. On peut facilement aussi enlever un paquet de détails de la narrativité qui écoeurent, faire abstraction des détails du récit. On peut aller directement au but. Le narrateur a le potentiel d’aller autant dans le quotidien que dans l’illustration. En ce sens, le conte est hautement littéraire et poétique. Parce que le narrateur est de premier plan et incarne l’histoire en entièreté (personnage, situation, lieu, description). Autrement dit, l’aspect de l’évocation dans conte sur scène s’occupe de définir l’espace mental du spectateur.
Mais aussi, l’aspect de la théâtralité est tout autant déterminant au conte sur scène, parce que la performance donne à l’artiste l’emprise de la temporalité. L’artiste a une responsabilité de timing, de rythme, d’adaptation, d’écoute de l’instant ici et maintenant. Une performance est unique par rapport à une autre parce que la manière d’exprimer la temporalité est différente d’une fois à l’autre. Une performance est éphémère parce qu’elle se déroule dans le présent uniquement. Peut-être que c’est pour ça que le visionnement sur vidéo d’une performance ne rend jamais ce que ça a été  : parce que ça ne se passe pas maintenant, parce qu’on est pas dans un contexte où on pourrait intervenir à tout moment avec l’artiste et interagir avec lui.
Le conte en scène, c’est ça. Et la précision «  en scène  » est essentielle pour me distinguer des artistes qui ne font que de la littérature devant public.

Donc, à la question pourquoi est-ce nécessaire que j’utilise le conte sur scène pour mon projet?, je réponds que j’ai besoin de la force évocatrice des images pour marquer les esprits, pour sortir de la banalité, du quotidien historique. J’ai besoin aussi de la théâtralité pour être intéressant à suivre.

Je peux continuer longtemps à développer des hypothèses. Je laisserais aux autres le soin de nommer précisément ce que je veux faire… Au fond, ce n’est pas mon travail, d’analyser tout ça. Oui, je dois certainement avoir une idée de ce que je fais, surtout pour le vendre à mes publics… Mais je ne suis pas un analyste artistique. Un critique. Un théoricien.

Je suis simplement l’esclave, l’entremetteur de mon désir de parole.

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