Le Québec au 16e siècle : Pourquoi est-ce un autre incontournable?

Pourquoi est-ce nécessaire que je positionne le récit au Québec et dès le 16e siècle?

Non, il n’existe pas une seule version de l’histoire, tout comme on peut s’amuser en littérature à raconter le récit de tous les points de vue des personnages; tout comme un enquêteur qui recueille tous les témoignages de l’incident. Ces versions se valent toutes. Et aucune ne doit être négligée, pour arriver à mieux comprendre ce qui s’est passé. Ce serait une erreur de ne montrer qu’une seule version ou d’en taire une, volontairement ou non. Ça, ce sont les attentes que j’ai envers les historiens.

Maintenant, qu’est-ce qui se passe sur le banc des écoles? Parce qu’on ne peut pas tout aborder en profondeur dans les cours d’histoire, quoi écarter du parcours d’apprentissage et comment? Je ne suis pas convenablement outillé pour répondre à ces grandes questions. Mais je peux me prononcer sur le malaise identitaire qui m’a frappé, il y a quelque temps, quand j’ai réalisé que l’histoire québécoise que j’ai apprise à l’école en est une version autant attestée que contestée.

On m’avait parlé des débuts des relations avec les premiers peuples d’Amérique. On m’avait parlé des différents régimes politiques qui ont dirigé les colons européens et leur descendance. On m’avait parlé des pressions qu’ont endurées les Français face aux Anglais… Mais toujours du point de vue de l’homme blanc européen, comme si on tenait pour acquis que je m’identifie nécessairement à cet archétype, que j’en suis le fils, que je n’ai que ce point de vue. Je suis autre chose qu’un homme blanc européen. Je suis hivernal, nomade et sédentaire, fouleur de territoire, Français, Métis, Américain, Hollandais, Innu, femme, homme, rouge, mauve picoté, lutte, humaniste, rassembleur, patenteux, ramancheur…

J’aurais voulu avoir la présence d’esprit d’exiger qu’on me montre d’autres points de vue.

Mais bon… S’en prendre à l’éducation que j’ai reçue est une chose. Mais même si on avait des comptes à me rendre, ça ne règle pas la question  «  à qui j’appartiens aujourd’hui?  » Et j’ai une réponse certaine  : je suis beaucoup plus que ce qu’aucun cours d’histoire pourrait m’enseigner. Pour mon récit, je choisis le Québec parce qu’il offre un terrain de jeu riche en fardoches identitaires. Et je choisis le 16e siècle parce qu’à partir de là, le Québec a été plus fortement terre d’immigration. Et c’est de là que tout part, pour moi. Tout ce à quoi j’appartiens commence approximativement dans cet espace et ce temps.

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